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Madame la députée,
Monsieur le député,

Vous examinez actuellement le projet de loi sur l’aide à mourir, qui propose de légaliser l’accès à l’euthanasie et au suicide assisté.

Depuis plus d’un an, les voix de gauche dissidentes ont commencé à obtenir une place dans le débat public, malgré un récit médiatique quasi-univoque et trompeur, présentant les opposants à la loi Falorni comme étant exclusivement de droite, réactionnaire et/ou catholiques.

Cela fait des années que des activistes de gauche, anti-validistes, féministes, soignantes et militantes, s’opposent à ce projet. Ces oppositions ne sont ni réactionnaires ni morales. Elles sont politiques, de gauche, et parlent de domination, de validisme et de pression à mourir. Elles alertent sur les risques majeurs qu’une telle loi constituerait pour les personnes malades, handicapées, âgées, dans une société marquée par la montée du fascisme, les inégalités sociales de santé, la hiérarchisation des vies, l’abandon des solidarités – la loi de financement de la Sécurité Sociale 2026 nous l’a cruellement rappelé.

Non, la population française n’est pas favorable à 96% à la légalisation de l’euthanasie, ce que ce chiffre claironné partout dissimule, c’est une grande confusion dans le débat public.

Confusion autour de la réalité de la loi actuelle sur la fin de vie – loi Claeys-Leonetti, qui je vous le rappelle alors que vous vous apprêtez à voter sur la proposition de loi sur les soins palliatifs, permet déjà de répondre à la souffrance des personnes en train de mourir, mais n’est pas appliquée de manière égalitaire en France, par manque de moyens. Nous voulons du soin, pas la mort sur ordonnance.

Confusion sur les termes, lorsque l’on privilégie l’euphémisme « aide à mourir » aux termes comme euthanasie et suicide assisté, qui décrivent l’acte en question : la mort médicalement prescrite, organisée, voire administrée.

Confusion sur les notions de maladie incurable ou de « phase terminale », qui évoque dans les esprits une personne agonisante, alors qu’il peut s’agir de personnes vivant avec une maladie qui leur laisse encore des mois, des années à vivre.

Cette loi introduit un tri des vies, entre celles estimées comme dignes d’être dissuadées du passage à l’acte suicidaire, voire même sauvées contre leur volonté, et celles évaluées comme dispensables à la société.

Nous devons permettre à chaque citoyen et citoyenne d’avoir accès à ses droits plutôt que leur permettre de « choisir » de mourir. Nous avons le devoir de donner les moyens à toutes et tous de vivre dignement, tout au long de la vie.

Entendez nos paroles, votez non à cette loi mortifère et contraire aux idéaux de solidarité et d’humanité qui doivent guider la gauche.

Je vous remercie par avance pour votre attention à cette question cruciale et votre soutien,
Meilleures salutations,